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- Contre les bûcherons de la forêt de Gastine
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- Ecoute, bûcheron, arrête un peu le bras
;
- Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas
;
- Ne vois-tu pas le sang lequel dégoutte à
force
- Des nymphes qui vivaient dessous la dure écorce
?
- Sacrilège meurtrier, si on pend un voleur
- Pour piller un butin de bien peu de valeur,
- Combien de feux, de fers, de morts et de détresses
- Mérites-tu, méchant, pour tuer nos déesses
?
- Forêt, haute maison des oiseaux bocagers !
- Plus le cerf solitaire et les chevreuils légers,
- Ne paîtront sous ton ombre, et ta verte crinière
- Plus du soleil d'été ne rompra la lumière.
- Plus l'amoureux pasteur sur un tronc adossé,
- Enflant son flageolet à quatre trous percé,
- Son mâtin à ses pieds, à son flanc
la houlette,
- Ne dira plus l'ardeur de sa belle Janette.
- Tout deviendra muet, Echo sera sans voix ;
- Tu deviendras campagne, et, en lieu de tes bois,
- Dont l'ombrage incertain lentement se remue,
- Tu sentiras le soc, le coutre et la charrue ;
- Tu perdras le silence, et haletants d'effroi
- Ni Satyres ni pans ne viendront plus chez toi.